dimanche 8 novembre 2009

Iswhat ?! is back !

Une des composantes du Hip Hop est le freestyle : un beat, et un MC qui improvise. Bien sûr, ce dernier a quelques phases bien senties qu’il a eu le temps de répéter devant sa glace une brosse à cheveux dans la main ! Mais la création instantanée, l’emballement de phrases sorties de la bouche alors qu’elles ne sont encore qu’images floues dans l’esprit sont des composantes de cette pratique bien réelles. Finalement tout ceci est proche du jazzman qui improvise à partir de thèmes écrits.
Ceci pour parler du troisième album de Iswhat ?!, Big Appetite.

Iswhat ?! est un groupe situé au carrefour du jazz et du hip hop. De part les membres qui le compose, originellement Napoleon Maddox, MC beat Boxeur et J. Walker saxophoniste de jazz, et de part les prestations live qu’ils proposent : festivals de jazz (notamment au côté de Archie Shepp) et salles de musiques actuelles. Après un premier album « You figure it out » sentant bon les séances d’improvisation, la spontanéité et la sincérité autour de ces deux disciplines, ramenant le hip hop vers ses origines avec fraicheur, Iswhat ?! avait confirmé son talent et son engagement avec « The life We chose », peut-être moins spontané et plus produit, mais réservant son lots de pépites telles que la reprise de Kashmir de Led Zep, et les excellents « Caskets », «Profile » et l’éponyme « The Life We Chose ».
Et c’est donc avec confiance et sérénité qu’on aborde ce troisième opus « Big Appetite ». Confiance et sérénité n’étant évidemment pas synonyme d’absence de surprise ! Car même si l’essence est la même, même si les protagonistes gravitent autour du groupe depuis les débuts (le batteur Hamid Drake, le contre bassiste Joe Fonda, le saxophoniste CoCheme’a), Iswhat ?! nous propose du neuf. Toujours jazz, toujours hip hop, toujours ces thèmes de cuivres envoutants, toujours ce groove. Mais l’ajout d’instrument comme le clavier sur « Homestead », d’une basse électrique (due au producteur Killa O, dorénavant membre à part entière du groupe) comme sur « Fanta », de samples (« Breeze », « Hungry ») et de scratch sur la plus part des morceaux, permettent d’appuyer le face Hip Hop de Iswhat ?!. Mais le jazz est toujours présent : les rythmiques riches, serrées mouvantes mais en douceur de Hamid Drake sont des vraies terrains de jeux pour les mélodies et les envolées de cuivres de J. Walker ou CoCheme’a, elles servent de labyrinthes aux phases de MCing de Napoleon Maddox et de ses invités (notamment Boogie bang et son flow qui « pop » les syllabes rappelant J-Live) dans lesquelles ils se faufilent avec classes et talent. Tout ceci nous donne droit à des purs moments de plaisir avec « Cake », « Luxury », « dig », « Hungry », parfaites illustrations du son Iswhat ?!.
Ainsi, avec le recul, « The live We Chose » pouvait hésiter entre le Hip Hop et le Jazz ; avec Big Appetite, le chemin est clairement tracé et Iswhat ?! a décidé d’appuyer fort sur les deux disciplines à la fois, rendant hommage à la Musique, de Miles Davis à Public Enemy en passant évidemment par Archie Shepp et KRS-One. Iswhat ?! affirme son identité propre et confirme son rôle de groupe majeur à la fois pour le Hip Hop et pour le Jazz. Big Appetite ?!
Mangez-en ! Et que la musique aille de l’avant !!!!!!

Quelques morceaux en écoute sur le Myspace d'Iswhat?!

Un concert à Glaz'Art Paris (Certains s'y reconnaitront....) filmé par Grandcrew

Discographie:
You Figure It Out
The Life We Chose
Phat Jam in Milano With Archie Shepp
Big Appetite

dimanche 4 octobre 2009

The Slew 100% (Free?!...)

télécharger "the Slew 100%" ici

Kid Koala est un des ces musiciens peu reconnu mais dont le talent est manifeste. D’une habilité incroyable aux platines, jouant du mange disque comme Jimi Hendrix envoutait sa guitare : Sur le fil du rasoir de la rythmique avec une approche novatrice et une technique géniale.

Kid Koala a versé ses premières années dans le hip hop, a fouillé les bacs des yardsales, bouffés la poussières des greniers comme tout bon DJ qui se respecte, à la recherche perpétuelle de ce que la musique a fait de mieux, et que les oreilles sérumenées des programmateurs radios ont dénigrée, pour nous les ressortir aux goûts du jour poussés par une bonne grosse rythmique Hip Hop. Fatalement, le destin d’un crate digger (fouilleur de bac) croise un jour ou l’autre l’histoire du Rock and Roll…


C’est sûrement autour de ça que la rencontre et l’envie à du naître entre Kid Koala et Dylan J. Frombach (Dynomite D) de faire un documentaire sur la musique rock psyché et d’en faire la bande son : le projet « The Slew »

Sauf que… sauf que le documentaire n’a jamais vu le jour, et qu’il a bien fallu faire quelque chose de toutes ces connaissances sur cette musique du diable, de cette histoire, de ces boucles de guitares, de ces rythmiques de grosses caisses qui ne demandaient qu’à ré-éclater des tympans !...

Mais heureusement, l’Entropie fait bien les choses, et d’un projet avorté en passant à une rythmique rock orpheline, the Slew renait de ses centres : Kid Koala et Dynomite D s’associent avec l’ancienne rythmique du groupe de Rock Australien WolfMother pour joué cette bande son. Pure condensé de rock gras, de blues suintant, de clins d’œil aux grand du Rock and Roll, The Slew nous propose un Abécédaire, une encyclopédie didactique et ludique des grandes années sex drogues et rock and roll.

Mais bien sur The Slew n’est pas uniquement là pour compiler l’héritage de Led Zep, de Jimi Hendrix, du Funkadelic ou de Black Sabbath. Sur une bonne rythmique, Kid Koala nous déverse des tonnes de scratchs comme des guitares qui saignent, décale ses samples, scratch en contre temps soufflant ainsi un vent dépoussiérant le Rock comme le Grunge et son étendard Nirvana l’avait fait à son époque.

Mais trêves de bavardages, mieux vaut une bonne écoute car, cachet de LSD sur le gâteau, The Slew est gratuit et téléchargeable légalement, prouvant une nouvelle fois que tout ce qui a de la valeur n’a pas forcément de prix...

dimanche 20 septembre 2009

Monkeys in town

Voici une petite vidéo "fait-maison": Suivi d'une séance d'affichage sauvage. Le thème de base concerne les animaux en voie de disparition et le but était de les intégrer grandeur nature dans un environnement urbain.
le montage est fait sur la music de Clutchy hopkins "Brother John".
ceci est donc la première vidéo du G.O.D. et je ne promets pas qu'il y en aura d'autre...


dimanche 23 août 2009

La Clinique

Le bureau, l’école, l’église, (le château), sont des lieux dont le statut institutionnel a supplanté leur nature première de bâtiment, leur conférant ainsi une aura étrange qui fait que l’évocation simple de leur nom fait naître en nous un sentiment de soumission : des organisations aux lois surnaturelles échappant à la logique, auxquelles nous nous exécutons et ceci sous une autorité arbitraire mais indiscutable.
Vincent vanoli y rajoute La Clinique.
Vanoli, dans un récit à la première personne, nous raconte l’histoire de Buddendorf. Ce monsieur tout-le-monde nous fait part de ses réflexions à la suite d’une convocation à La Clinique tout a fait étrange. Serait-il malade ? Lui qui se sent en bonne santé ! Serait-il atteint d’un mal dont il ne sentirait pas les symptômes ? Et de quelle nature est ce mal ? Il ne voit qu’une chose, un jour il a eu un comportement non conforme, une aspiration quelque peu déviante par rapport à la société que Vanoli nous dessine. Mais tellement sans conséquence !...
Nous suivons donc ce Mr Buddendorf rejoindre cette institution sans trop broncher.
Ainsi dans une ambiance kafkaïenne, à la fois pour le sujet traité et pour le dessin de Vanoli, on trouve notre pauvre Buddendorf dans un univers irrationnel, où pendant qu’un officiel le convainc de la vérité du mal et de la nécessité de son isolement, des hommes font rouler des pierres en haut d’une montagne alors qu’un téléphérique rouille à coté par manque d’utilité…

Dans cette clinique où l’absurde règne, on y voit une organisation capable d’écraser les aspirations d’un homme dans un conditionnement lent et pernicieux dont la légitimité est son seul statut institutionnel et donc d’officiel. Statut qui permet d’obtenir tout consentement et annihile la moindre prise de recul : Mr Buddendorf ne réfléchie plus…
Cette ambiance oppressante est servie par les dessins sombres et charbonneux de Vanoli, nous plongeons dans des décors vosgiens nous présentant des horizons bouchés par les montagnes et les sapins. Et l’absurdité de la situation de ce pauvre Buddendorf se manifeste par ce dessin expressionniste ou les perfectives sont faussées, les visages déformés, où les hachures détournent notre regard et l’absorbent vers des points de fuite.
Vanoli propose un livre dérangeant où la clinique rappelle sombrement le Château de Kafka, où la nature humaine, fragile et aliénable, a peu de chance face à l’institution œuvrant soi-disant pour sa plénitude. Mais où, on contraire de Buddendorf, l’absence de réponse nous amène à nous questionner : le livre refermé, le sens et le propos peuvent nous échapper, mais les symboles prégnant au long des pages (ces hommes poussant des pierres nous rappelant le supplice de Sisyphe) une fois décantés, apportent des réponses : Sommes-nous face à la théorie contraire d’Orange Mécanique, et ne pouvons espérer que le naturel revienne au gallot ? Ce livre est-il le remède de ce mal qui ronge les Buddendorfs que nous sommes ?...

dimanche 16 août 2009

Willie Isz's comming!

La schizophrénie est un symptôme récurrent dans le monde du Hip Hop (Madlib, pour n’en citer qu’un), et la voilà qui frappe encore avec cette sortie de Willie Isz : Cette entité est composée du producteur-rappeur Jneiro Jarel et du Rappeur Khujo Goodie issu du Goodie Mob d’Atlanta. Et pourquoi schizophrène ? Parce que nouveau projet de Jneiro Jarel l’homme aux multiples alias : Dr Who Dat ?, Shape Of Broad Mind (groupe composé de 7 personnes dont 4 alter-ego de Jneiro Jarel), et aujourd’hui Willie Isz.

La schizophrénie, pour aller vite, se traduit par une fragmentation de l’esprit pouvant amener à des manifestations de personnalités différentes. On s’attend donc, connaissant le J.J., pour qui la multiplication des alias n’est pas une coquetterie, à ce qu’il batte des sentiers nouveaux. Et voilà la première surprise de ce Georgiavania : J.J. emmène le flow grave, rageur, sec et rythmé de Khujo Goodie sur l’autoroute du mainstream en allant retourner les codes du Hip Hop du Sud USA (Crunk, dirty South) et du R’nB… Néanmoins terrain nouveau pour le producteur !

Alors que le gros mot « mainstream » est lâché, le doute et le scepticisme pourraient pointer et nous permettre de nous complaire dans la critique des producteurs « vendant leur cul aux majors pour des ronds ». ça aurait été trop facile ! Car en effet, en plus d’être signé chez l’indépendant Lex, un temps affilié au label électro Warp (Squarepusher, Prefuse 73, ou aujourd’hui, Clark, Bibio et Pivot), ce Georgiavania ne se vautre pas dans la simplicité.
On pense ici un peu au Ghetto Pop Life de Danger Mouse et Jemini, pour la qualité du résultat, même si ces derniers sublimaient les clichés du Ghetto Hip Hop alors que Georgiavania les retourne.
Concrètement, J.J. s’attaque donc au Hip Hop sudiste avec le morceau « Georgiavania » qui se moque allègrement de Souljah Boy, mais y incorpore aussi un peu de New Wave sur des titres
tels que « Loner », « You want some » et ne manque pas de s’aventurer dans le R’nB avec « Prepare For It » ou « Violet Heart Box ».

Le disque alterne morceaux efficaces et immédiats tels que les raps « Blast Off », « Gawn Jet », « you Want Some », le surprenant « The Grussle » et sa ritournelle de violon Irlandais, et avec des morceaux moins directs, de part les styles qu’ils abordent : le New Wave « Loner » les R’nB « Prepare For It », avec son intro presque rédhibitoire pour moi, mais lorgnant du coté du Spiritual, avec des harmonies de chants d’église chantés par des ganstas barytons très surprenants, et le « Violet Heart Box » avec son refrain à la Prince et son instru arythmique.

Malgré les différentes orientations musicales qu’il emprunte, deux éléments clés lui donnent cohérence : le son aquatique et particulier de J.J. et une forte présence d’harmonies chantées tout au long du disque. En effet, les instrus, quoique riches, sont plus simples (« Georgiavania » ) que ce que J.J. a pu produire sur ses autres projets. Elles permettent de laisser place tout d’abord au flow grave, rapide et énervé de Khujo Goodie, pièce maitresse de cet album, ainsi que ceux de J.J.. J.J. affirmant aussi son envie de chanter déjà manifeste sur quelques morceaux de « Craft of The Lost Art » de « Shape Of Broad Mind ». Ensuite, l’espace laissé par les instrus permet à une multitude de pistes vocales et leurs harmoniques de s’exprimer rappellant un peu le travail de TV On The Radio (dont on retrouve justement le chanteur, Tunde Adebimpe sur plusieurs chœurs…). Et c’est grâce à ces harmoniques que les morceaux prennent du relief et gagnent en intérêt (« I Didn’t Mean To… », le final de « Prepare For It »).
On a devant nous un album surprenant s’aventurant dans des styles assez loin de Jneiro Jarel et de Khujo Goodie et donc de leurs auditeurs. On se retrouve donc devant des morceaux qui peuvent rebouter au premier abord, mais l’alternance judicieuse des styles empruntés assure une présence suffisamment récurrente de titres immédiats et de qualité. Le disque se retrouve ainsi à tourner sur la platine et on se laisse embarquer dans des morceaux a priori hostiles et à découvrir des idées subtiles, nous proposant des genres sclérosés sous un nouveau jour.

En écoute sur leur myspace: The Grussle, Gawn Jet, Blast Off et You Want Some?

dimanche 14 juin 2009

Un cheval, une souris et un cinéaste


Vous connaissez Danger Mouse ? Non ?? Mais si, vous le connaissez : co-producteur du Demon Days de Gorillaz au coté de Damon albarn, moitié de Gnarls Barkley et donc auteur du tube Crazy. Voilà pour ces projets les plus connus. Ce bonhomme là c’est avant tout fait connaître au début des années 2000, par un album concept : le Grey Album, reprise des a capellas du Black Album de Jay-Z et du White Album des Beatles. Remettant en question les notions de droits d’auteurs et de créations musicales en proposant une œuvre nouvelle à l’identité propre et pourtant ouvertement constituée de samples reconnaissables. Et comme un geste précurseur ne vient pas seul, il le proposait gratuitement sur les plates formes de peer-to-peer, se protégeant ainsi des foudres d’EMI ayant droit des Beetles qui ne pouvait lui reprocher de se faire de l’argent sur leur dos.

Remercions au passage EMI et leurs grands mouvements de bras dans le vide, pour avoir mis en lumière ce talentueux producteur, et merci encore à EMI, pour avoir ériger au rang de mythe l’album remettant en question la façon de faire de la musique et de la distribuer, et merci encore une fois EMI, par ce comportement réactionnaire et protectionniste, d’avoir soulever le voile sur le malaise qui est celui des majors aujourd’hui...

Mais méfiez-vous, ces géants industriels sont rancuniers et capables du pire (et plus rarement du meilleurs…): aujourd’hui il empêche la mise en vente du dernier album issue d’un collaboration avec Danger Mouse : Le projet Dark Night Of The Soul réunit les ballades pop, noires et torturés de SparkleHorse, le talent de production de DangerMouse, permettant comme toujours à la création musicale et sans concession d’atteindre les sphères populaires, offrant à tout à chacun de profiter de la bonne musique, et la vision parabolique et étrange du cinéaste David Lynch pour la mise en image de l’album pour une exposition.

Du coup, remercions encore EMI, car l’album est en téléchargement gratuit et légal, et nous pouvons nous pencher ainsi sur l’un des projets artistiques les plus enthousiasmant de l’année. Je ne vais donc pas m’étendre sur l’album en question, assez grand que vous êtes pour vous en faire votre propre idée, sachez tout de même que vous y croiserez, entre autre, Iggy Pop, Suzanne Vega, Julian Casablancas des Strokes et bien sur David Lynch. Pour les amoureux de l’objet un coffret réunissant les photos de Lynch pour l’exposition sera disponible. Ce coffret sera accompagné d’un cd vierge que vous pourrez utiliser comme bon vous semble…

Dark Night Of The Soul, à télécharger ici, ça serait dommage de le louper, pour une fois que se tirer une balle dans le pied sonne si joliment... merci encore EMI de te flageler de la sorte...

dimanche 7 juin 2009

Krazy Baldhead, The B-Suite

L’âge d’or de l’electro français version 2.0 c’est aujourd’hui et ceci grâce à l’avènement de groupe comme Justice ou de leur label Ed Banger. Les mauvaises langues pourraient plutôt parler d’une french touch 1.2 plutôt que 2.0 tant cette génération est affiliée à l’ancienne de part sa descendance revendiquée à Daft Punk (le directeur de label d’Edbanger, Pedro Winter, étant le manager de Daft Punk).
Mais Ed Banger vient lui-même tordre la langue de ses détracteurs (dont je pouvais faire partie…), avec la sortie de B-Suite de Krazy Baldhead. Pas plus touché que ça par le son Edbanger, je dois admettre que je suis complètement passé à coté des sorties maxi de ce bonhomme qui pourtant, avec le recul, aurait du chatouiller mes oreilles.

Krazy Baldhead est un peu le signe noir d’Edbanger : Noir parce que au milieu du reste de la volaille immaculée de la lumière du succès du label, il fait un peu à part, et signe car il a quand même toute sa place dans le bassin d’Edbanger !

B-Suite est composé de quatre mouvements eux-mêmes divisés en partie. Structure d’album rappelant les compostions de musique classique, dont le « suite » du titre rappelle l’affiliation. Il est donc question dans ce disque de mouvement en effet, la musique de Krazy Baldhead évolue sans cesse, se module, s’enrichie de couches sonores, se fait, se défait, des structures rythmiques qui accélèrent ralentissent se déstructurent, transitent, d’un thème à un autre…
On a ainsi un album dont les constructions complexes le rapprochent du jazz (sans l’improvisation) ou du rock progressif. Alors oui, l’album est cérébral, néanmoins, c’est une « suite » et une suite c’est « une musique qui appelle à la danse » ! (5 morceaux en écoute dans le player ci-dessous).

La musique de Krazy est un Hip Hop électro glitchy (les glitches sont des sons « non musicaux », des bruits). Une musique proche du feu d’artifices, des sons qui montent et qui explosent dans des couleurs vives contrastant évidemment avec la nuit qui sert de toile (mouvement 1 part 4, Saturnication). Il y a aussi du funk dans cette musique (Time feat le MC Tes et cette clarinette complètement entêtante, Sweet Night feat Outlines, le tube funk), du funk comme a pu le faire Jamie Lidell sur son album Multiply : appropriation du style, de l’essence même du funk, et passé au filtres des machines en évitant une transposition des gimmicks et des clichés.

On là un excellent album d’électro hip hop avec un souci de la composition musicale pointilleux mais capable aussi de créer un terrain de jeux pour le plaisir de ses invités (les MC japonais Big-O et Mlle Yullia sur Katana Powa, ou Beat Assaillant sur le morceau de conclusion). Et c’est peut-être avec cette album que la French Touch 2.0 est passé du concept marketing à la réalité musicale !