mercredi 3 septembre 2008

Oops I Dig It Again

Voilà un album, qui fait penser à un carnet de croquis : de part les images qu’il fait naitre, mais aussi du fait de la courte durée des Morceaux, telle une page, un dessin, une idée. Ce qui ne veut pas dire qu’on a affaire à un travail inachevé (regarder les carnets de croquis de Chris Ware ou Joann Sfar pour vous convaincre).


Bien au contraire, là ou certains pourraient se contenter d’un schéma couplet/refrain, ou d’une boucle développée en superposant progressivement différents samples sur une ou deux mesures, Cyesm préfère les morceaux évolutifs dans lesquels s’expriment différents thèmes, sans avoir peur des transitions abruptes mais toujours bien senties (le passage d’une rythmique Hip Hop au chœur de cuivre genre fanfare par exemple sur l’excellent « You Ruined My Record »), ou en confrontant des sensations éloignées comme sur le très beau « Kind Of Green » (Miles Again…) où un léger piano, un violon et un violoncelle mélancolique discutent du passé avec une guitare épuré et envoutante sur des breaks puissants rappelant quelque peu Amon Tobin. Cyesm, au sein d’un même morceau, laisse s’exprime la musique dans des directions différentes donnant ainsi du relief et du volume à ces compositions.


En effet, la force de Cyesm est de savoir faire le grand écart, de nous proposer des morceaux tantôt sombres (« Basically product », « Special Agent 006 ? ») avec ces rythmique lourdes, ces violons tendus et ces guitares saturées, tantôt du funky à se claquer quelques cervicales avec des cuivres brillants, des claviers, des riffs groovies ou des scratchs bien placés(« Funky Brother », « Junky Funky Food » ou encore le bien nommé «Clap Your Head » et sa ritournelle de trompette complètement hypnotique), voir quelque fois ethnique (« Sorry Time » par exemple). Mais Cyesm s’est échauffé, et ne risque donc pas l’élongation, et cette richesse d’ambiances devient synonyme d’homogénéité.


A l’écoute de « Oops I dig It Again », plusieurs noms nous viennent à l’esprit. On pense à Amon Tobin (mais Cyesm est plus digeste), ou Blockhead version Uncle Tony’s Coloring Book plutôt que Music By Cavelight (histoire d’imprégnation de la mélancolie peut-être), voire même Wax Tailor (sauf que Cyesm est plus rentre dedans, un peu moins lisse) et Dj Shadow (sur le final « Finding It » je trouve particulièrement). Comparaisons dont Cyesm n’a pas à rougir et encore moins à se trouver dans l’ombre, car il est évident que notre producteur à son identité toute à lui. Mais il a en commun avec ces artistes suscités, cette façon de s’approprier les richesses des musiques du passés et de les traités de façon contemporaine afin de nous servir une musique intemporelle (qui, on l’espère, devrait traverser les âges…).


Ainsi « Oops I Dig It Again » fait parti de ces albums qui prouvent qu’il est possible de faire de la bonne musique tout en étant accessible et sans tomber dans la platitude du consensuel.


Je rappelle qu'on peut télécharger ici gratuitement l'album "The Murder Of Loretta Shawn" qui dans l'esprit correspond à la chronique que je viens de faire (sauf que "The Murder..." est plus sombre de part le concept).

Et si on a aimé, on peut aussi acheter modiquement (en toute sécurité) et ainsi soutenir artistes et label Good Citizen factory (consommaCtion...).

1 commentaire:

marion mellow a dit…

non mais di donc... t'est productif... et tant mieux dirons nous!
Bon, c'est vrai que je l'ai deja ecouter ce squeud, je voulais te le choper; mais c'est vrai que tout bien ecrit comme ca, je me dit que je vais plutot l'acheter...
continu a nous faire des decouvrir des trucs!!!